Ecume Rousse

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Ecume Rousse

Je me suis endormi sur un chemin de plumes. Les oiseaux sont partis, la nuit n’a plus de lune. Sur le feuillage tombé, mon corps léger se laisse emporter. Dans cette écume rousse je commence à rêver. Les arbres se sont tus, sous le silence bruyant des pas étouffés. Je me suis souvenu pour ne pas m’oublier.

 Un chemin qui s’évade au loin m’invite à laisser mes idées en cascade s’engager sans résister et, glisser sur le temps d’un passé imaginé dans les linceuls fragmentés d’où nait l’après.

Je me suis assis sur les bords du monde, j’ai regardé devant, je n’y ai vu que mon passé triste sans futur. J’ai fermé les yeux, le passé s’est effacé. Je me suis remis à marcher, le bout du monde s’est allongé. Maintenant je ne sais plus si mes yeux sont toujours fermés, peu m’importe le bout du monde ne cesse de reculer.

Je marcherai sur les larmes assoiffées de ce chemin sans nom où j’allais errant suivre les rivières sèches qui coulent en silence. Les paroles éteintes se libéreront des étreintes ouvertes et graviront les précipices de l’ennui. Le temps immobile s’éloignera souplement dans la rigueur imaginée.

Je me souviens, l’arbre sauvage, feuillage tinté de rouge, plié sous le temps passé, mémoire désirée.